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Le palais El Badi (parfois orthographié palais El Badiî ou El Badia, littéralement « palais de l’incomparable ») est un ensemble architectural construit à la fin du xvie siècle et situé à Marrakech au Maroc. Ancien palais, il fut édifié par le sultan saadien Ahmed al-Mansur Dhahbî pour célébrer la victoire sur l’armée portugaise, en 1578, dans la bataille des Trois Rois. Aujourd’hui, il ne reste qu’une immense esplanade creusée de jardins, plantée d’orangers et entourée de hauts murs. En effet, en 1696, le sultan alaouite Moulay Ismaïl a pris ce qu’il y avait de plus riche dans ce palais pour construire la ville impériale de Meknès. Depuis 2011, le palais El Badi est utilisé comme scène pour le festival du Marrakech du Rire, organisé par Jamel Debbouze.

L’édifice fut érigé sur le coin nord-est de la Casbah, non loin des appartements privés du sultan saadien Ahmed al-Mansur Dhahbî. L’édification du palais se déroula de 1578 à 1594, certains travaux perdurant toutefois jusqu’en 1603, date de la mort du sultan. Symbole de puissance, l’ensemble palatial exprimait le faste du souverain tant auprès de ses sujets que des ambassades étrangères : il était le cadre d’audiences solennelles et de fêtes. Considéré comme un joyau de l’art islamique, sa construction fut influencée par l’alhambra de Grenade (Espagne).

La salle de prières est surmontée d’une toiture mobile de 3 400 m2 et de 1 100 t qui peut se déplacer en cinq minutes grâce à un système de roulement motricé. Lorsque le toit est fermé, la salle des prières est éclairée par 50 lustres et 8 appliques vénitiens de Murano. Les plus imposants mesurent six mètres de diamètre, dix mètres de hauteur et pèsent 1 200 kg. La couverture de la toiture a nécessité la pose de 300 000 tuiles spécialement réalisées en fonte d’aluminium par les équipes du groupe Bouygues dirigés par Aldo Carbonaro (directeur du projet) et Abdelatif Haboubi (directeur du chantier), imitant la tuile en terre cuite vernissée traditionnelle de Fès mais quatre fois plus légère. Ces tuiles ont apporté un gain de poids de 65 % par rapport aux tuiles traditionnelles avec des performances de fiabilité beaucoup plus élevées.

Pour la finition et les objets religieux, des artisans de tout le royaume ont contribué à couvrir plus de 53 000 m2 de bois sculpté et assemblé plus de 10 000 m2 de zellige représentant 80 motifs originaux. Le plâtre sculpté et peint a été entièrement travaillé sur place par 1 500 maâlems sur plus de 67 000 m2. Les coupoles en bois de cèdre ont été fixées sur des charpentes réalisées avec 971 t d’acier inoxydable et suspendues à la structure en béton armé. Les revêtements de marbre et granit d’origine marocaine représentent 50 hectares de superficie avec une épaisseur moyenne de 14 cm.